1887
Volume 7, Issue 3
  • ISSN 0272-2690
  • E-ISSN: 1569-9889
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Abstract

RESUMOKreiveco kaj konscia reflektado en la uzado de la denaska kaj nedenaskaj lingvojLa aùtoro pritraktas la aserton de Sotiropoulos pri la manko de kreiveco kaj kul-tura malriceco de klasikaj lingvoj en la pli larĝa kadro de la psikolingvistiko kaj kulturo de denaskaj kaj nedenaskaj lingvoj. En la uzado de la denaska lingvo konscia reflekto estas kelkfoje necesa, precipe koncerne la ortografion. Aliflanke la gramatiko de nedenaska lingvo povas esti internigita kaj oni povas rekte pensi en ĝi, psikolingvis-tike ne tre malsame ol denaska parolanto. Kelkaj homoj povas verki veran literaturon en nedenaska lingvo. En la kazo de nacia lingvo homoj povas ec perdi la uzadon de sia gepatra lingvo. Por aliaj homoj nedenaska lingvo iĝas la lingvo en kiu ili normale pensas. Per stila analizo de Lolita de Nabokov (ruso laǔ naskiĝo) la aǔtoro montras, ke li ĝenerale tre trafe uzis la stilrimedojn de la angla lingvo. Poste farante de ĝi rusan tradukon li rimarkis sin fremdiginta de sia gepatra lingvo kaj ne sukcesis fari ĝin tiel bela kiel la angla originalo. La plej bona mezepoka latina poezio estas originala altnivela literaturo, ne imitajo de antikva latina poezio. Gi devas esti rekte pensita en latino, car gia ekstrema intenseno de esprimo ne povas ne perdigi en ciu traduko, ankaǔ en la gepatran lingvon de la verkinto. La samo validas versajne por aliaj klasikaj lingvoj. En la planlingvo Esperanto la kreivecon malhelpas la fakto, ke ĝi estas preskaǔ nenies gepatra lingvo, sed helpas la granda libereco en la kombinado de morfemoj. Ec en konversacio trovigas en Esperanto vortformajoj formitaj laû la modelo de neniu nacia lingvo konata de la parolanto, kaj verŝajne tute ne originintaj kiel prunt-tradukoj el nacia lingvo. En la manoj de grandaj stilistoj tiu originala sistemo de vortformado donas tre trafajn efikojn. La kulminajoj de la Esperanta literaturo, kiel la kulminajoj de la mezepoka Latina literaturo, devas esti senpere pensitaj en la lingvo en kiu ili estas verkitaj, car en ciu traduko, ankaǔ en la gepatran lingvon de la verkinto, ili devas perdi la ekstreman intensecon de esprimo.La sola psikolingvistika diferenco inter la uzo de denaska kaj nedenaska lingvo estas, ke nur tre malmultaj homoj uzantaj nedenaskan lingvon estas komplete liberaj de in-terfero de la gepatra lingvo.SOMMAIRECréativité et réflexion consciente dans l'emploi de la langue native et des langues apprisesL'auteur traite l'affirmation de Sotiropoulos sur le manque de créativité et la pauvreté culturelle des langues classiques dans le cadre élargi de la psycholinguistique et de la culture des langues natives et apprises. Lors de l'emploi de la langue native, une réflexion est parfois nécessaire, surtout pour l'orthographe. Par ailleurs, la grammaire d'une langue apprise peut être intériorisée et on peut penser directement dans cette langue, ce qui, du point de vue psycholinguistique, n'est pas tres différent par rapport à un locuteur natif. Dans le cas d'une langue nationale, certains peuvent même perdre l'usage de leur langue maternelle. Pour d'autres, une langue non native devient la langue dans laquelle ils pensent ordinairement.Analysant dans Lolita le style de Nabokov (Russe de naissance), l'auteur montre que cet écrivain emploie avec beaucoup d'à-propos les ressources stylistiques de l'anglais. Lorsqu'il en fit la traduction en russe, Nabokov se rendit compte que sa langue maternelle lui était devenue étrangère et il ne réussit pas à rendre le texte avec autant de bonheur que dans l'original anglais.La meilleure poésie latine du moyen âge est une littérature originale de haut niveau, non une imitation de la poésie antique. Elle doit être pensée directement en latin car son extraordinaire intensité d'expression ne peut que se perdre dans une traduction, même dans la langue maternelle de l'écrivain. Ceci est probablement aussi valable pour d'autres langues classiques.En espéranto, langue planifiée, la créativité est entravée par le fait qu'elle n'est la langue maternelle de personne, ou presque, mais elle est favorisée par la grande liberté dans la combinaison des morphèmes. Même dans la conversation, l'on trouve en espéranto des formations de mots élaborées selon un modèle que l'on ne rencontre dans aucune langue nationale connue du locuteur et qui vraisemblablement même ne sont pas des traductions d'une langue nationale. Entre les mains de grands stylistes, ce système original de formation des mots se révèle très efficace. Les chefs-d'oeuvre de la littérature espérantiste, comme ceux de la littérature latine du moyen âge, doivent être pensés directement dans la langue dans laquelle ils ont été écrits; dans toute traduction, même dans la langue maternelle de l'auteur, ils doivent perdre cette grande intensité d'expression.La seule différence psycholinguistique entre l'emploi d'une langue native et d'une langue apprise est que seul un très petit nombre de personnes peuvent se libérer complètement de l'interférence de la langue maternelle dans une langue non native.

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1983-01-01
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