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Abstraite
Perceforest est une vaste somme romanesque en six livres conservés dans des manuscrits de la seconde moitié du XVe siècle. L’auteur y propose une “préhistoire” arthurienne dans laquelle on trouve de multiples personnages, motifs, épisodes, mais… une seule mention très brève d’un chat. Après avoir constaté la rareté des chats dans les textes arthuriens et à l’inverse la présence plus notable de ces animaux domestiques dans les images de la fin du Moyen Âge, on s’interrogera sur l’épisode où le facétieux Passelion fait cuire un chat: située dans un ensemble de 4 enfances burlesques, cette mention n’est pas anecdotique et relève d’une logique narrative calendaire qui métaphorise l’apprentissage progressif de la sexualité par le jeune héros. Mettre le feu aux “toisons” des nourrices, faire cuire un chat, griller les oreilles des pourceaux et enfin chevaucher des veaux, d’abord en contexte féminin, puis en contexte masculin, constituent, sur un an, les différentes étapes de l’initiation burlesque d’un héros appelé à devenir plus qu’un lion (Passelion) et à procréer de très nombreux descendants qui repeupleront la “Bretagne” ravagée par les Romains.