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Abstraite
Ayant comme toile de fond le grand exode de juin 1940 déclenché par l’Occupation, Tempête de juin, le premier volet de Suite française (2004), une grande suite romanesque restée inachevée à cause de la disparition d’Irène Némirovsky dans les camps de concentration et publiée tardivement, met en scène une vision pessimiste, ténébreuse de l’humain. Au centre de cette partie du roman, un épisode qui a comme protagoniste un jeune chat domestique appartenant à l’une des familles réfugiées qui chasse un petit oiseau est d’une telle acuité descriptive qu’il rend sensible, en amont et en aval du texte, un vocabulaire riche de références au règne animal. L’analyse montrera que l’humain est instamment associé à la “bête.” Explorant, dans un premier temps, la diversité du vocabulaire animalier, focalisant, dans un second temps, la référence au chat, et achevant par individualiser, à l’intérieur du bestiaire humain, l’homme-chat, l’analyse détaillera la vision de cette auteure qui place l’humain dans la zone du “sous-homme claudicant” de Louis-Ferdinand Céline dont elle semble partager l’antihumanisme.