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Résumé
Cet article se penche sur un aspect intrigant du commerce européen des oiseaux de fauconnerie entre le XIVe et le XVIIe siècle, en l’occurrence le constat d’une exemption de redevances pour les équipages de marchands de faucons, s’ils transportaient parmi leurs oiseaux un épervier. Le “privilège de l’épervier” est attesté dans des textes et des documents narratifs et archivistiques français, suisses et espagnols, et semble lié à une croyance en la générosité ou noblesse de l’épervier, que l’on trouve énoncée dès le XIIe siècle chez Giraud de Barri, dans sa description de l’Irlande: durant la saison froide, l’épervier capture au soir un oiselet et le tient entre ses serres pour se réchauffer pendant la nuit, puis le relâche le matin venu, sans lui faire plus de mal dans la journée qui suit. On en trouve mention dans des textes descriptifs, littéraires et encyclopédiques, ainsi que certains traités de fauconnerie, ce qui atteste une croyance assez diffusée. Les auteurs plus récents, aux XVIe et XVIIe siècles, font cependant montre d’un scepticisme croissant.